CONSEILS pour REDIGER votre
DOSSIER de VALIDATION


Techniques d'autoquestionnement, pistes de réflexion
et ce qu'il ne faut pas faire

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La vie n'apprend rien à qui ne l'interroge pas

Il s'agit de montrer au jury que vous êtes capable de... puisque vous l'avez déjà fait. En VAE "montrer" veut dire principalement savoir exprimer par écrit les mécanismes cognitifs qui font sens par rapport au diplôme visé et donner des preuves.

Afin de mobiliser en vous les compétences utiles pour réussir cet exercice, nous proposons une méthode d'auto interrogation permettant de revivre mentalement les activités accomplies dans un passé plus ou moins lointain.

Pour mieux y parvenir, dans un premier temps, chasser toutes les questions POURQUOI.

1 - Adoptez en priorité une posture descriptive (qui, quoi, où, comment, combien, quand...). Faites un inventaire rigoureux de chaque tâche, puis classez-les (par fonction, par importance, suivant le ligne de temps...). Ce travail descritif tutorisera votre réflexion, il simplifiera l'extraction des informations cognitives (le pourquoi).

2 - L'arborescence et la description de vos activités réalisées, explorez chaque tâche méthodiquement en adoptant une posture explicative (pourquoi). Enoncez tous les éléments nécessaires à votre réflexion, posez et discutez les problématiques sous-jacentes pour faire émerger vos compétences et connaissances en lien avec le diplôme visé. Traduisez en mots le cheminement de votre réflexion.
L'analyse approfondie de votre vécu est à rapprocher d'une étude de cas.

Focalisez-vous sur votre vécu pour aller au cœur des situations que vous rencontrez.
Distinguez toujours les faits des appréciations et jugements sur les faits.
Soyez le plus concret, précis, concis et probant possible.
Faites en sorte d'être agréable à lire. Illustrez vos propos par de nombreuses situations de travail valorisantes à expliciter et à analyser. Mettez-vous à la place du jury, lire un travail long et ennuyeux ne le dispose pas favorablement.
Faites transparaitre l'attachement pour votre métier.


1 - Techniques de questionnement DESCRIPTIF

Exercer ses activités : Que devez vous observer ? Rechercher ? Savoir ?
Il est prioritaire de faire émerger ses souvenirs.


1.1 - Inventoriez des tâches composant vos activités (Décomposition de l'activité en tâches - référentiel des étapes des processus séquentiels et/ou simultanés).
Revivez le cycle de l'action.
- Que faites-vous avant la réalisation de l'activité ? Quelles sont vos démarches permettant de construire méthodiquement et progressivement vos projets ? Qu'est-ce que vous anticipez ?
- Que faites-vous pendant la réalisation de l'activité ?
- Que faites-vous après la réalisation de l'activité ?
Une liste de question en libre accès facilitera votre travail d'évocation. Demandez-vous combien de temps vous passez pour chacune de vos activités, de vos tâches. Faites ce recensement en phase "normale" d'exercice, puis en phase "anormale".

1.2 - La règle journalistique des cinq W : Who, What, When, Where, How (Why en dernier lieu. Le pourquoi perturbe vos réminiscences. Voir les techniques de questionnement explicatif) ;
- QUI ou à qui, de qui, pour qui, avec qui... (le sujet - l'appartenance) : envisagez les interactions avec les parties prenantes.
- QUOI ou à quoi, de quoi, sur quoi, quel, lequel... (l'objet, la définition de la problématique, de l'activité). Explorez le thème à aborder et les thèmes corollaires comme le contexte.. Sur quoi je dois être centré ?
Illustration : objet principal "l'information". Explorez la recherche, la veille documentaire, le recueil, la prise en compte, la certification, l'analyse, la synthèse, la compilation, la production, la diffusion, le stockage, la sécurisation de l'information et tous les outils et indicateurs nécessaires pour gérer les flux d'information.
- COMMENT : description des méthodes, des modes opératoires, des manières. Quels sont les comportements, les processus, les méthodes et organisations appropriés? Explorez le avant, le pendant et l'après du plan d'action. Comment, est probablement la question la plus importante dans la VAE.
Les connaissances procédurales sont souvent singulières. Elles distinguent un expert d'un novice.
- COMBIEN (mesures, coûts, ratios, statistiques, évaluation) : n'hésitez jamais à quantifier, à chiffrer les éléments caractéristiques de la situation. Donnez du sens à ces chiffres.
- QUAND : définition du moment, de la durée, de la fréquence (à quelle époque ? Pendant quelle période ? Depuis quand ? Quel est le cycle ? Comment savez-vous qu'il faut agir à ce moment ? Quand ce n'est pas le moment ?)
- OU : description de l'espace, de l'environnement, d'un emplacement (à quel endroit ? A quelle distance ? Dans quel secteur ? Comment savez-vous qu'il faut agir ici ?).

Ne retenez que ce qui est indispensable à la compréhension du jury et en lien avec le diplôme visé.

Ces questions se combinent ensuite avec les pourquoi (stratégie, objectifs, contraintes, obligations, contrôles...).

Associez ces pronoms et adverbes interrogatifs aux verbes exprimant les compétences : définir, repérer, évaluer, maitriser, rechercher, concevoir, informer, décider, valider, interpréter, expliciter, organiser, diagnostiquer, résoudre, anticiper, réaliser...

1.3 - Faites un effet de zoom (ou dézoom) ; passage du niveau collectif au niveau Individuel, du niveau général au particulier. Partez du contexte général de votre structure de travail. Dans cet ensemble, situez votre (vos) mission(s). Décomposez la (les) en énonçant les activités qui la constitue. Précisez encore au niveau des tâches élémentaires composants chaque activité.

1.4 - Mettez les questions de l'organisme valideur dans une perspective historique.
Auparavant, il fallait procéder ainsi. Aujourd'hui, on procède selon ces différentes méthodes. Demain, je prévois ces évolutions... Expliquez ces évolutions.
Placez l'exercice personnel de votre métier dans cette même perspective temporelle. Avant je faisais ainsi ; aujourd'hui, je procède de cette (ces) manière(s) ; demain, je vise telle ou telle évolution...
- Que veux-dire 20, 25, 30 ans de carrière ? Vous n'êtes pas un étudiant. Le jury doit mesurer la valeur de vos expériences.
Mettez en valeur vos capacités à vous adapter aux changements, à progresser et à repérer les étapes de votre évolution.

1.5 - Pour vous aider à décrire, reportez-vous aux organes des sens, aux perceptions (vue, ouïe, goût,...) et aux aperceptions (vous vous disiez..., vous évoquiez...). Au début de votre parcours, privilégiez ce type de question :
Test d’entrée : 
Quelle était la situation ?
Quel était votre point de départ ?
Qu'est-ce qui a attiré votre attention ? Que s’est-il passé d’abord ? Qu'observez-vous ?
Par quoi avez-vous commencé ? Qu’avez-vous fait en premier ?
Au début, qu’est-ce qui vous parait important ?
Qu’est-ce qui vous vient à l’esprit en premier à propos de cette activité ?
Enchainement logique :
Qu’avez-vous fait ensuite ?
Qu’avez-vous pris en compte ?
Que s’est-il passé ensuite ? ...
- A quoi faites-vous attention quand... ?
- Qu’observez-vous quand... ?
- Que voyez-vous lorsque...? Que percevez-vous quand... ?
- Qu'entendez-vous ? Quand avez-vous prêté plus d'attention ?
- Quels sont mes gestes ?
Continuez en faisant décrivant vos perceptions et les premières pensées qui en résultent. Privilégiez les « qu’est-ce que » et les questions objet : « quoi »
- Quelles sont mes observations ? Qu'est-ce que j'en fais ?
- Qu'est-ce que je constate ?
- Qu'est-ce que je me demande ?
- Quelles sont mes intentions ?
- Qu'est-ce que je mémorise quand... ?
- Que dis-je lorsque...?
- Qu’est-ce que je fais à ce moment-là... ?
Fin :
Que s’est-il passé à la fin ? Par quoi avez-vous terminé ? Qu’avez-vous fait en dernier ?

1.6 - Technique de reformulations Ericksonniennes. Favorise la métacognition, la mise à distance de la pensée. Cette opération mentale est fondamentale en VAE. Elle est à la base de l'auto-information, l'autocontrôle, l'auto-évaluation du candidat.
- La chose à laquelle je suis en train de penser... est-elle du niveau du diplôme visé ?
- L'observation que je viens de faire... est-elle en lien avec le référentiel diplôme ?
- Ce que j'écris... se rapporte à quelles compétences ou connaissances ? Informe le jury de quoi ?
- L'intention que je viens d'avoir...
- Quand je me revois dans cet endroit, qu'est-ce que...
- Comme je suis en train de l’évoquer, ...
- Conformément à ce que je perçois,...
- Ainsi que je me le représente...
- Comment est-ce que je sais que je dois étudier ce sujet, ce problème ? Pour m'instruire de quoi ?
- Comment est-ce que je sais que je dois anticiper telle recherche, telle action ?



2 - Techniques de questionnement EXPLICATIF

Il est essentiel de démontrer au jury que vous ne séparez pas la pensée de l'action. Il s'agit d'expliciter sa réflexion et ainsi prouver que l'on ne réfléchit pas pour vous.

Penser ses activités : Que devez-vous étudier ? Comprendre ? Valider ? Annexez vos travaux d'études. Commentez-les succinctement.

2.1 - Partant de votre travail descriptif préalable et afin de DONNER DU SENS, questionnez chaque tâche et activité que vous rapporterez dans votre dossier de validation.
Ne retenez que ce qui est indispensable à la compréhension du jury et qui démontre l'acuité de votre jugement.

Vos questions visent à établir des liens logiques entre vos descriptions et les informations satellites complémentaires
.
C'est-à-dire :
- Quel est l'historique du cas, son anamnèse ?
- Quelles sont les attentes, les besoins ? Contextualisez. Les besoins évoluent-ils au fil du temps ?
- Quels sont les objectifs et critères d'évaluation ? justifiez-les. Les objectifs évoluent-ils au fil du temps ?
- Quel travail de recherche et d'étude préalable dois-je réaliser ? Comment ?
- Quelles sont les priorités ? Comment je les fixe ? Justifiez.
- De quelles informations ai-je besoin ? Les besoins d'information évoluent-ils au fil du temps ?
- Quels sont les contraintes, les risques ? justifiez-les. Les contraintes et risques évoluent-ils au fil du temps ?
- Quelles sont les problématiques majeures rencontrées dans les situations de travail les plus significatives ? Posez-les, discutez-les. Reliez-les aux objectifs préalablement fixés.
- Quels sont les liens logiques entre le diagnostic et remède ? Entre contexte et priorités ? Entre cause et effet ? etc...
- Quelles sont les interactions entre contexte et objectif ? Entre organisation et contrainte ? Entre risque et contrôle ?

En conclusion, analysez les résultats obtenus et reliez-les avec chaque objectif et indicateur prédéfini. Discutez les écarts.
Soignez vos arguments. Evitez les glissements de sens, les tautologies, chassez les fausses évidences.

2.2 - Donnez du sens en reconstituant les liens logiques entre le savoir faire, le savoir et le savoir comportemental. Pour vous y aider, téléchargez ce schéma.

2.3 - Suivez le déroulement des prises d’informations. Approfondissez ICI.
Distinguez les informations internes et externes à l'Organisation. Repérez les sources.
Test d’entrée :
Comment saviez-vous qu'il fallait intervenir ?
Comment saviez-vous que c’était cela qu’il fallait faire en premier ?
Comment saviez-vous que cela devait être fait ?
Comment saviez-vous que c’était cela qu’il fallait faire ?
Comment saviez-vous que c’était de cette manière qu’il fallait faire ?
Comment saviez-vous que c’était difficile (ou facile) ?
Comment saviez-vous que vous ne saviez pas le faire ?
A quoi avez-vous reconnu que c’était fini ?
A quoi avez-vous reconnu que vous aviez atteint votre but ?
Qu’a-t-il fallu savoir pour concevoir, réaliser, ... ? Quelles sont les informations anticipatrices et rétrospectives liées à l'action ? Quelles sont les informations produites lors de l'action ?
Les compétences et connaissances sont dissimulées derrière ce type de question.

2.4 - Les cinq "Pourquoi" - Cartographie des chaînes causales (Pour les niveaux master et licence). Vous pouvez aussi employer l'expression "et alors ?" de façon répétitive.
N'utilisez cette méthode analytique que lorsque que votre travail de mise à plat descriptif de vos tâches et activités est achevé. Interrogez chaque tâche.
En posant cinq fois la question pourquoi à partir des faits recensés, on passe d'un niveau général à un niveau détaillé de réflexion.
Cette méthode sert à analyser les relations de cause à effet en remontant jusqu'aux causes fondamentales. Ce point est crucial. Le jury, toujours en quête de preuves, a du mal à objectiver les acquis théoriques, cognitifs et sociaux des candidats. Insistez sur vos capacités à argumenter, généraliser, analyser lors de la rédaction de votre dossier.

2.5 - Examinez les situations de travail, en phase normale d'exercice et en phase anormale. Comparez, analysez, commentez.
- Qu'est-ce que je fais en situation anormale de travail que je ne fais pas en phase normale ? Quelles compétences et connaissances apparaissent ?

2.6 - Examinez les situations de travail sous divers points de vue à court, moyen et long terme. Analysez, commentez (Surtout pour les niveaux master et licence).
Montrez au jury que vous examinez les situations de travail sous plusieurs angles.

2.7 - Comparez les unes entre elles, les expériences similaires, acquises dans des Organisations différentes.
- Quels étaient les différences et les points communs ? Analysez, commentez.
- Quelles contradictions rencontrez-vous ? En confrontant quels points de vue différents ? Comment résolvez-vous ?
- Quels sont les exemples et contre-exemples qui illustrent et problématisent vos compétences.

2.8 - Les modes de pensées et raisonnements logiques (argumentation, interprétation par déduction, induction, abduction, analogie, dialectique, divergence/convergence) :
Montrez votre esprit d'analyse : Quels sont les prémices ? Quelles sont les règles qui s'appliquent ? Quelles en sont les conséquences ?
- Quelles variables repérez-vous ? Comment ?
- Quels invariants repérez-vous ? Comment ?
- Les objectifs répondent à quelle logique ? Les critères d'évaluation obéissent à quelle logique ?
- Quels éléments reliez-vous les uns aux autres ?
- A partir de l'analyse des effets vers les causes, que déduisez-vous ? Comment vérifiez-vous vos déductions ? Concevez-vous des arbres des causes et des défaillances ? Vous pouvez annexer un exemple.
- A partir de l'analyse des causes vers les effets, qu'inférez-vous (méthodes AMDEC, HAZOP, APR) ? Concevez-vous des arbres de conséquences ? Vous pouvez annexer un exemple.
- A partir de l'observation des cas singuliers que vous détaillez qu'induisez-vous (que généralisez-vous) ?
- A partir de l'explicitation de principes généraux, que déduisez-vous des situations singulières rencontrées ?
- A partir de quelles expérimentations vérifiez-vous vos hypothèses ?
Les raisonnements par analogie, les comparaisons : "Ceci... s'apparente à cela..." En quoi ? Dégagez les possibles et les probables.
- Transposées dans un autre contexte, vos méthodes et solutions sont-elles encore pertinentes ?
Le jury de validation doit pouvoir repérer le cheminement de vos raisonnements.

Notre service de relecture contrôle la cohérence des liens de causalité de votre dossier de validation.




3 - Explorations complémentaires

3.1 - Lors de la rédaction de vos activités faites référence à des critères d'évaluation et indicateurs que vous prédéfinirez que vous justifierez (Sélectionnez-les en partant du référentiel diplôme).
Exemples :
l'étroitesse du lien avec les compétences et connaissances attendues par le diplôme visé, l'adéquation, la convergence, l'accessibilité, la fiabilité, la viabilité, l'exactitude, l'exhaustivité, la crédibilité, la vraisemblance, la faisabilité, la cohérence, la rigueur, la précision, l'efficacité, l'efficience, l'adaptabilité, l'autonomie, les possibilités d'initiative, de prévision, d'auto-contrôle, d'auto-information, d'auto-organisation, d'auto-évaluation, les règles de comportement, la sécurité, l'anticipation, la compatibilité, la conformité, l'éligibilité, la différenciation, l'auditabilité, la modularité, la testabilité, l'adaptabilité, l'originalité, la complémentarité, l'équilibre, l'intelligibilité, la lisibilité, la complexité, l'ampleur, la régularité, la linéarité, la synchronicité, la durabilité, la réparabilité, la rapidité, la reproductibilité, la fonctionnalité, l'automaticité, l'harmonisation, la stabilité, la transférabilité, la plasticité, la polyvalence, la comparabilité, l'habileté, la qualité, la perfectibilité, l'objectivité, la représentativité, la transparence, la traçabilité, la confidentialité, la communicabilité, la sociabilité, la nécessité, la maniabilité, la sensibilité...
le respect des limites, des marges, des objectifs, des performances, des ressources, des règlements, des référentiels, des procédures, des spécifications, des normes, des contrats, de la loi...

Définisez toujours vos étalons (système de référence), critères de mesure et méthodes.
- Selon quels critères, indicateurs et méthodes statuez-vous ? Validez-vous ?

3.2 - Entrecroisez les questions de l'organisme valideur les unes entre elles.
Etudiez les interactions entre les thèmes proposés. Pour vous y aider, téléchargez cet outil
Veillez aux liens logiques unissant vos réponses. Le jury repérera les contradictions et les incohérences.

3.3 - Lorsque vous émettez, un jugement, une appréciation, dites toujours sur quoi il se fonde, contextualisez, définissez des critères d'évaluation et tâchez d'examiner plusieurs points de vue, surtout lorsque vous visez une certification de niveau licence et au delà.

3.4 - Montrez que les acquis de l'expérience acquis lors d'une expérience explicitée dans votre dossier de validation furent remobilisées (transférabilité des acquis) dans d'autres situations vécues.

3.5 - Changez de point de vue. Examinez le contraire des questions posées par l'organisme valideur. Explorez les paradoxes (technique de pensée latérale) . Exemple :
- Dans l'exercice de mes activités, quelles sont mes responsabilités ?
Dans l'exercice de mes activités, qu'est-ce qui n'entre pas dans le champ de mes responsabilités ?
- Ou encore, repérer ce qui est important dans vos activités équivaut à identifier ce qui est accessoire.
- Qu'est-ce que serait une mauvaise utilisation de la méthode exposée ? Une mauvaise interprétation des faits consignés ?

3.6 - Prenez la place du jury de validation (capacité à ce décentrer). Demandez-vous quelles questions vous poseriez à un candidat à la VAE sur le diplôme que vous visez. Lisez : comment explorer ses activités de manière convaincante pour le jury ?



4 - CE QU'IL NE FAUT PAS FAIRE

Sous-estimer le travail d'explicitation à fournir. Le candidat doit comprendre qu'identifier et évaluer des compétences à la simple lecture d'un mémoire de validation est un exercice complexe pour le jury. Il faut donc lui faciliter le travail.
Si vous percevez les attentes du jury, vous lui prouverez vos capacités à repérer, réfléchir et exprimer en situation de travail.

Attention aux idées reçues (elles sont nombreuses sur la VAE). Ne croyez pas qu'il soit plus simple de valider un diplôme par VAE plutôt que par formation. Il n'est pas établi qu'un diplômé par voie de formation réussirait par VAE.
La VAE est un audit, une étude et gestion de projet en soi. Rien de comparable avec un examen ou la rédaction d'un CV pour postuler à un emploi.
Chaque verbe, chaque mot de vocabulaire, chaque phrase de votre dossier doit faire sens, traduire une compétence, être probant.

Viser un diplôme sans étudier préalablement le référentiel des compétences et connaissances attendues. Se dire : " Si je suis recevable, c'est donc que mes acquis sont suffisamment en lien avec le diplôme visé. Il est inutile d'approfondir par moi-même...". Reliez méthodiquement vos acquis aux attendus du diplôme visé. Pointez les écarts. Votre réussite dépend largement d'une bonne orientation.

Déléguer son esprit critique et sa vigilance.

Sélectionner le prestataire d'accompagnement en fonction de critères flous et subjectifs. L'esprit critique du candidat est mobilisé à chaque étape du parcours et aucun acteur de la VAE ne doit s'exonérer d'être probant.


Proscrivez :
Les explications généralisantes
rendant suspectes la véracité des informations. Elles n'incarnent pas vos compétences. Au contraire, elles sont le signe que vous théorisez et reconstruisez faussement votre action. Ne vous éloignez jamais de vos réalités et pratiques professionnelles vécues, présentes et passées. Ce n'est qu'à partir de ce vécu singulier, explicité par des exemples de cas concrets, que vous pouvez généraliser (et problématiser).
Le détail est l'indice de la véracité de vos déclarations et du niveau réel de vos acquis.

La théorisation excessive. Un dossier de validation n'est pas à confondre avec un cours magistral. Nous le réaffirmons, ce n'est qu'à partir de la description précise de votre vécu et des acquis issus de vos expériences que vous pouvez interpréter selon un cadre d’analyse théorique et problématiser.

Croire que le jury va vous deviner. C'est faux. Une compétence non exprimée reste souvent invisible ; mal exprimée, elle discrédite le candidat.
N'adoptez pas non plus une attitude répétant des schémas scolaires qui vous infantilisent : "le professeur sait...", "l'orientateur VAE sait...". Beaucoup de candidats tombent dans ce piège susceptible d'inhiber leur capacité à s'autoquestionner, leur sens critique et analytique.
Vous êtes un professionnel dans l'exercice de son métier tout au long du parcours. Vos capacités à conduire une réflexion cohérente en toute autonomie sont auditées.

Les stéréotypes, les réponses conventionnelles, les lieux communs.

Les formulations désincarnées et le hors sujet. Chassez les euphémismes, la langue de bois, toutes les expressions "vides", ambigües, réductrices, n'élucidant rien.
Eliminez les expressions vagues basées sur les verbes trop implicites qui n'informent pas le jury : faire, gérer, penser... La langue française c'est le verbe. Choisissez le bon. Rédigez dans un style vivant, suscitant la représentation imagée de vos situations de travail. CHASSEZ L'IMPLICITE.
Employez le plus souvent possible le temps présent.

Les écrits bavards. Etre explicite ne veut pas dire être bavard. Le candidat doit mobiliser son esprit de synthèse, exprimer beaucoup d'idées en peu de mots, adopter un style concis.

Les présupposés : "je pense que...", "je suppose que...", "il me semble que...", "on sait très bien que...", sont des expressions à prohiber. L'a priori est l'un des plus grands pièges de la VAE. C'est un indicateur de défaut de compétence, une preuve de manque de réflexion. Le candidat doit repérer les éléments probants et savoir les exprimer.
Toutes les parties prenantes doivent en faire autant.

Les normalisations : "mon activité a été faite avec méthode" Quelle méthode ?
"J'ai agi comme il convenait de le faire" C'est-à-dire ? Qu'est-ce que veut dire ne pas agir comme il convient de faire ?

Les affirmations sèches, péremptoires. La VAE parle par démonstration et non par affirmation. Elle convainc plutôt qu'elle ne persuade. Illustrez systématiquement vos affirmations par des exemples empiriques. Le jury veut des exemples vécus.

L'absence de références ou des références floues, "Les gens...", "Nous...", "On..." Qui nous ? Qui on ?
La forme verbale et écrite de la VAE est le "JE". Le but de bien délimiter les compétences individuelles et les compétences collectives.
Faites un effort de définition en cernant vos contributions personnelles si vos actions sont menées collectivement.

Les superlatifs : "c'est plus facile (ou difficile) que ..." En quoi est-ce plus facile ?
"Ceci est important..." En quoi ? Pour qui ?...

Les épithètes trop littéraires. Choisissez avec soin vos adjectifs. Ils doivent être signifiants. Contrôlez leur subjectivité.

Evitez les adverbes, sinon interrogez-les. "Normalement, voici ce qui ce passe...", que veut dire normalement ? Qu'est-ce qu'une situation anormale ? Comment savez-vous qu'elle est anormale ? Dès lors, les compétences émergent.
"Généralement, je ne rencontre pas de contrainte", que voulez-vous dire par généralement ? En situation exceptionnelle qu'elles peuvent être les contraintes ? Donnez un exemple significatif. Analysez-le.

Eluder une question de l'organisme valideur. Signe que vous n'approfondissez pas, que vous ne donnez pas de sens. Ce sont des indicateurs d'incompétence par rapport aux attendus du diplôme.

L'absence de savoir : « Je n’en suis pas sûr... », « je ne comprends pas... », « ce n’est pas de ma responsabilité... »
Comment saviez-vous que ce que vous faisiez n’était pas approprié ?
Comment saviez-vous que ce n’était pas de votre ressort ?
A partir de quel moment saviez-vous que vous ne saviez pas ?
Quand vous ne comprenez pas, que comprenez-vous quand même ?

Les fautes d’orthographe et de syntaxe. Une bonne maitrise de l'expression écrite et orale de la langue française est requise pour tous les diplômes.

Un travail sans plan, sans lien logique rattachant chaque phrase et paragraphe. Le jury doit pouvoir suivre le cheminement de votre pensée.

Un travail sans mise en page. Le jury n'aura que peu de temps à vous consacrer, facilitez-lui au maximum l'appropriation de votre dossier, soulignez les points essentiels, faites des liens très clairs vers vos annexes.


La rédaction d'un dossier de validation est un travail personnel. Utilisez votre vocabulaire, vos tournures de phrases. Ne vous discréditez pas. Evitez au maximum les copier/coller de publications diverses vers votre dossier de validation. Ils s'assimilent à des preuves de paresse, de plagiat et d'insuffisance pour les jurys. Ils sont sanctionnés. Lorsque vous ne pouvez pas les éviter, n'oubliez pas de citer vos sources.
Attention, les écoles et universités ont des outils qui repèrent les copier/coller d'internet vers votre dossier.

VAE Guide Pratique alerte sur les dangers de vouloir imiter ou copier le dossier de validation d'un autre candidat. Cette pratique n'a pas de sens, il n'existe pas de réponse-modèle. Pour un même diplôme visé les expériences sont toutes singulières, car dépendantes de contextes dissemblables. Elles n'appartiennent qu'à la personne qui les a vécues.
En outre, le candidat peut être poursuivi pénalement.
Art. 441-1 à 12 du Code Pénal - Atteinte à la confiance publique / Des faux.

C'est une démonstration d'incompréhension voire d'incapacité qui conduit à l'échec et portera atteinte au candidat sur le long terme
. La probité fait compétence. Elle est facilement repérable à l'oral, car chaque parcours d'expérience est singulier et chaque Organisation a son contexte spécifique. Un dossier de validation est illustré de nombreux exemples vécus et par des annexes qui ne s'inventent pas. En cela il est probant.
Le candidat doit comprendre que l'un des soucis majeurs du jury sera de d'évaluer l’authenticité des écrits. Le moindre soupçon de plagiat dans l'esprit d'un jury influence sa décision finale.













Vous souhaitez une ou des séances d'entretien individuel d'explicitation de vos pratiques et savoir-faire, téléchargez le formulaire ci-joint, remplissez-le et envoyez-le à VAE Guide Pratique :

contactrentretien@vaeguidepratique.fr

L'entretien d'explicitation vise la verbalisation complète de l'action et son analyse. C'est une aide à l'auto-information du candidat.
Voici nos tarifs.
Nous garantissons des interventions respectueuses, sans jugements de valeur ou abus d'influence
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