Ne confondez pas centre de formation et organisme d'accompagnement. La démarche remet en cause et beaucoup d'enseignants, d'accompagnateurs VAE et même les membres du jury, ne valideraient pas automatiquement et aisément leur diplôme par VAE.
Dès le début de la démarche, le candidat doit bien estimer le travail à fournir.
La VAE est un travail personnel de maturation, de recherche, de distanciation qui demande un temps de réflexion pour interroger le professionnel en vous (auto-questionnement), s'autoévaluer, rassembler ses souvenirs, ses idées, les classer et faire émerger les situations exemplaires et les problématiques qui illustreront vos écrits et confirmeront vos compétences.
La VAE ne se résume pas à un simple travail de reconstitution descriptive de vos activités. C'est une étude, un exercice intellectuel de mise en question, d'analyse de vos expériences et d'argumentation méthodique.
Elle impose un effort de communication, car l'expression probante des compétences s'accomplit uniquement par un travail écrit et oral. Le savoir exprimer en mots se substitue au savoir faire en acte.
Votre capacité à traduire en mots les richesses de vos expériences et de votre réflexion est le facteur essentiel de votre réussite.
Un grand professionnel qui traduit mal dans son dossier de validation toutes les composantes (souvent implicites) de ces pratiques aura moins de chance de réussite qu'un de ces confrères moins expérimentés, mais sachant bien explorer oralement et par écrit ses activités.
Votre dossier de validation a pour objet de démontrer vos capacités à être dans une large compréhension de ce que vous faites. Tous les candidats qui sous-estiment l'importance du travail écrit vont à l'échec. Il faut du temps pour révéler grâce aux mots toutes les composantes des compétences incluses dans vos situations de travail. L’urgence n'est pas compatible avec la VAE.
Autrement dit : être probant, savoir définir ses missions, savoir informer sont les 3 clés de la VAE. Personne n'y échappe, ni le candidat et ni les autres acteurs de la VAE.
Un discours commercial ne doit pas brouiller ces vérités.
Nous nous conformons à cette triple exigence : nous cherchons à être probants, à vous informer complètement et à susciter en vous la tournure d'esprit adaptée. Nous espérons que notre site internet y parvient.
La rédaction d'un bon dossier de validation demande de 40 à plus de 200 heures de travail, selon le niveau du diplôme visé. L'oral de validation ne s'improvise pas non plus.
Pour vous aider, ayez toujours à portée de main un carnet pour noter tous vos souvenirs et idées et consultez les outils et les protocoles de questions modèles en libre accès sur ce site.
Si vous réussissez votre démarche, le diplôme obtenu par VAE à la même valeur qu'un diplôme obtenu par formation.
Conseils et documentations préalables
1 - Sélectionnez soigneusement un diplôme en relation étroite avec les acquis issus de vos expériences. Plus de 10 000 diplômes sont accessibles à ce jour. Il n'est pas aisé de trouver un diplôme conforme. La réussite des candidats dépend d'un choix judicieux. Pour en savoir plus, lisez le chapitre Choix du Diplôme.
• Si vous souhaitez un conseil en orientation, faites des demandes précises à :
contact@vaeguidepratique.fr
nous y répondrons.
Adressez-nous un CV par compétences pour faciliter nos recherches.
2 - Etudiez avec soin le référentiel du diplôme que vous envisagez de valider. Il définit les attentes du jury. Il est donc essentiel de se le procurer afin de le lire. Pour en savoir plus, lisez le chapitre Choix du Diplôme.
• Si vous rencontrez de grandes difficultés pour trouver un référentiel diplôme, VAE Guide Pratique vous aide dans la mesure de ses moyens. Faites des demandes précises à :
contact@vaeguidepratique.fr
nous rechercherons et tâcherons de vous le faire parvenir.
• Etudiez le contenu et évaluez le niveau de complexité requis.
Plus les acquis issus de vos expériences sont en lien avec avec les compétences et connaissances attendues plus vous avez de chance de réussir dans la mesure ou vous saurez exprimer ce lien dans votre mémoire de validation. Cette étude préalable est essentielle pour votre réussite. Beaucoup de candidats échouent parce qu'ils sont mal orientés (malgré leur éligibilité sur le diplôme. Autrement dit, dans bien des cas l'étape recevabilité n'est pas une garantie suffisante pour affirmer que l'expérience du candidat soit en lien assez étroit avec les attendus du diplôme).
Si vous constatez trop de différences entre les attendus et vos acquis, envisagez soit une formation complémentaire, soit, orientez-vous vers un autre diplôme.
3 - Etudiez les secteurs d'activité habituellement concernés, les modalités d'accès, les fiches métiers (Exemples, les fiches ROME du Pôle Emploi et les fiches métiers de l'APEC)...
Comparez les référentiels métiers au référentiel diplôme.
- Quelles sont les différences ? Les similitudes ? Analysez.
4 - Comprenez bien la philosophie de la VAE.
Beaucoup trop de candidats la confondent avec une formation. De fait, ils se positionnent en étudiant et répètent des schémas scolaires. Cette posture est inappropriée.
Les candidats qui souhaitent valider intégralement leur parcours, sont censés déjà savoir. Vous êtes un professionnel en exercice tout au long du parcours.
Dans une relation auditeur / audité, comprenez que tout fait référence à une attitude professionnelle probante au regard du diplôme visé.
5 - En conséquence, conduisez une réflexion cohérente en toute autonomie à chaque étape de la procédure VAE.
Le candidat fera prioritairement confiance en ses capacités d'analyse et prendra du recul par rapport à l'avis de toutes les parties prenantes (accompagnateur, organisme valideur...).
6 - Etudiez la terminologie propre à l'expression des compétences.
• Etudiez les notions de capacité, de compétence, de connaissance, de savoir-faire.
La VAE oblige à adopter cette tournure d'esprit : penser en termes de compétences.
"Ce que je fais ou pas, écris, dis ou tais, illustre et manifeste quelles compétences pratiques, théoriques, procédurales, relationnelles ?".
Lire étant la première des compétences requises, le candidat prendra soin de s'informer complètement avant d'entamer un parcours VAE.
• Evaluez soigneusement le niveau de maîtrise de l'expression écrite exigé par les responsables pédagogiques. Il est variable. Ce point est important à considérer surtout lorsque vous visez un diplôme universitaire ou d'une Grande Ecole. Ceci dit, faites très attention au bon usage de la langue, car la maitrise du français est une attente pour tous les diplômes.
Rappelons qu'en VAE le savoir écrire et dire se substitue au savoir-faire.
• Votre succès reposera sur votre capacité à exprimer en mots précis votre réflexion, vos compétences en acte (en liaison avec les attendus du diplôme) et sur la qualité de votre argumentation.
Repérez les mots de vocabulaire (principalement des verbes) à utiliser.
Ils doivent être de préférence univoques et concrets (une seule interprétation possible). Pour les termes équivoques et abstraits, définissez (en bas de page ou en annexe à votre dossier). Facilitez au maximum les représentations du jury et rendez visible votre connaissance des notions théoriques (emploi du langage lié aux compétences "métier", référence aux règlementations, à l'instrumentation, aux procédures).
Le jury fera un parallèle entre le niveau de précision et de clarté atteint dans votre expression écrite et celui atteint dans vos pratiques professionnelles.
"Ce que l'on conçoit bien s'énonce clairement, et les mots pour le dire arrivent aisément" Nicolas Boileau
Ci-joint ce glossaire, vous trouverez les définitions des mots clés de la VAE.
7 - Au niveau du secteur d'activité et de l'Organisation
Documentez-vous sur :
le secteur d'activité, votre métier, l'histoire de l'Organisation, son évolution, les changements, les valeurs qu'elle défend, l'influence de la conjoncture présente et passée.
• Collectez un maximum de mesures chiffrées. Il s'agit de faire naître dans l'esprit du jury la meilleure représentation possible de votre travail (CA, positionnement sur le marché, nombre de dossiers traités…) à partir :
- des sites intranet, internet de votre (vos) entreprise(s),
- des plaquettes d'entreprise, supports commerciaux,
- de la revue de presse, ouvrages spécialisés, revues professionnelles...
- du bilan social,
- des rapports d’activité,
- de l’organigramme de l’entreprise,
- auprès du service communication,
- de vos outils de veille documentaire...
Lisez : activité principale de l'entreprise et autres données sociales, politiques et économiques de l'entreprise.
• Suivez l'actualité de votre secteur d'activité. Documentez-vous. Généralement votre OPCA de branche publie dans son observatoire des métiers, de nombreuses données.
8 - Au niveau de votre emploi et de vos activités
En interne, rassemblez tous les documents utiles : fiches de poste, référentiel de compétences, rapport d'entretien annuel, lettre de mission, fiches de processus , de méthode, de procédure, registres qualité, rapports d'expertise, vos écrits professionnels (courriers et mails significatifs, contrats et avenants, procès-verbaux, devis, statistiques, synthèse des cours que vous dispensez, rapports, comptes-rendus, tableaux de bord, articles...).
Les travaux personnels, lorsqu'ils sont significatifs, sont à annexer à votre livret de validation. N'oubliez pas de les commenter et de les argumenter.
9 - Pour mieux visualiser et analyser votre position au sein et hors de la structure de travail, concevez deux schémas :
Premier schéma, votre positionnement interne. Montrez, grâce à des flèches, vos liens interservices. Qualifiez et décrivez ces liens.
Deuxième schéma, votre positionnement externe. Vos relations avec d'autres organisations, les parties prenantes... Qualifiez et décrivez ces liens.
10 - Faites une liste de vos références bibliographiques et sources de documentation (revues professionnelles, ouvrages, documentations internes, sites internet...). Plus vous visez un diplôme de niveau élevé, plus les références bibliographiques deviennent indispensables. Evoquez ce que vous avez appris à leur lecture.
Faites une liste des séminaires, formations internes, colloques, ateliers, stages. Indiquez les dates, les sujets abordés, éventuellement identifiez les intervenants. Dites ce que vous avez appris en ces occasions.
Annexez une synthèse des référentiels des compétences acquises lors de vos formations professionnelles continues. Il existe plus de 100 000 formations non diplômantes. Les jurys sont loin de les connaitre toutes.
- Annexez à votre dossier de validation ces listes et documents.
Le jury vérifie, autant que possible, les modalités d'acquisition de vos connaissances.