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Conseils Préalables


Conseils préalables pour réussir sa VAE
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Ce qu'il ne faut pas faire ou penser
Les principales erreurs à éviter

Définir consiste souvent à expliciter ce qui n'est pas. Cet article respecte ce principe.

ATTENTION :
Chacun de vos arguments peut être utilisé à vos dépens. Il faut donc maitriser les informations que vous communiquez au jury et à l'accompagnateur qui n'est pas forcément neutre par rapport au jury.

Nous étudions depuis 14 ans les dossiers des candidats, soit plus de 1250 diplômes univertaires différents du DUT au doctorat, presque tous les BTS et autres diplômes placés sous la responsabilité des différents ministères.

Nous constatons que beaucoup de candidats ne savent pas profiter des questions posées pour révéler leur compétence. Ils ne savent pas faire interagir l'objet de la question avec leurs compétences, puis avec chaque unité d'enseignement du diplôme. L'expression reste souvent implicite, très incomplète, donc invisible, équivoque et désorganisée. Avec la mauvaise orientation, ce sont les principales causes d'échec. La VAE privilégie la culture de l'écrit.


En conséquence, il ne faut pas :

1. Sous-estimer le travail d'explicitation et de réflexion à fournir

Le biais cognitif qui consiste à trop simplifier, restreint l'expression de vos compétences et la rationalité de vos démonstrations.

Le candidat doit comprendre qu'identifier et évaluer des compétences à la simple lecture d'un mémoire de validation est un exercice complexe pour le jury. Il a des limites d'interprétation, car les diplômes sont généralistes alors que vos acquis sont contextuels . Il faut donc lui faciliter le travail.

Si vous identifiez finement les attentes du jury, vous prouverez vos capacités à repérer, réfléchir et exprimer les besoins des parties prenantes en situation de travail.
Attention aux idées reçues (elles sont nombreuses sur la VAE). Ne croyez pas qu'il soit plus simple de valider un diplôme par VAE plutôt que par formation. C'est parfois le contraire et il n'est pas établi qu'un diplômé par voie de formation réussirait par VAE.
La VAE est une démarche atypique. Elle tient à la fois de l'audit, de la pédagogie et de la plaidoirie. Votre vécu professionnel est une étude de cas en soi. Rien de comparable avec un examen ou la rédaction d'un CV pour postuler à un emploi.
C'est une discipline. Pour mener à bien ce travail d'introspection professionnelle, le candidat s'attachera à fonctionner en mode projet ; il concevra un plan de travail.

C'est du langage donc de la pensée. Il travaillera son expression écrite, car pour le lecteur les risques de confusion sont grands. La VAE impose l'emploi d'un langage précis pour identifier ce que cachent les mots (contrôle de la subjectivité du vocabulaire). Chaque verbe , chaque mot-clé ( objectif , enjeu , besoin, exigence , risque , opportunité,...) chaque idée-clé de votre dossier doit faire sens, traduire une compétence, renvoyer à des outils et des méthodes , être probant, car en cohérence avec les attendus du diplôme.

Plus le niveau du diplôme est élevé, plus le travail de réflexion est important et plus vous intervenez au niveau stratégique .


2. Viser un diplôme sans étudier préalablement le référentiel des compétences et connaissances attendues

C'est le meilleur moyen d'être hors sujet donc échouer. C'est la pire des erreurs.
Choisir le diplôme en fonction de mauvais critères : son seul intitulé sans étudier le contenu, la proximité géographique, tarifs, notoriété de l'école,...
Se dire :

"Si je suis recevable , c'est donc que mes acquis sont suffisamment en lien avec le diplôme visé. Il est inutile d'approfondir par moi-même...".

La recevabilité n'engage en rien l'organisme valideur.

Se dire :

"Mes collègues ont validé ce diplôme par formation. Or, je "fais" le même travail qu'eux, alors que je ne l'ai pas. Je vais donc le valider par VAE".

C'est un syllogisme, car dans bien des cas, vos collègues ne mobilisent dans la vie active qu'une partie des enseignements validés.

Avant de vous engager dans la procédure, reliez méthodiquement vos acquis aux attendus du diplôme visé. Pointez les écarts. S'ils sont importants réorientez-vous. Votre réussite dépend largement d'une bonne orientation.


3. Trop attendre de l'organisme valideur (écoles, universités, etc).

Ne confondez pas accompagnement avec un dispositif de formation.
La VAE suppose que vous ayez appris "en faisant", par autoformation (votre veille documentaire), en sachant vous entourer. Vous savez donc prendre seul les informations utiles et les exploiter (surtout pour les diplômes supérieurs). Il vous faut le prouver.


4. Déléguer ses aptitudes à se documenter, à rechercher, son esprit critique et sa vigilance

La VAE est un jeu d'esprit qui impose du recul réflexif sur soi, autrui et sur ses pratiques.


5. Ne pas s'informer sur ce que veut dire " accompagnement "

Ne pas identifier ses besoins en accompagnement. Sélectionner le prestataire en fonction de critères flous et subjectifs.

  • Si l'organisme valideur ne prend pas la peine d' informer avec précision, de définir les principes, méthodes et outils d'accompagnement, il y a de fortes chances que la prestation ne soit pas pertinente, MÊME SI CET ORGANISME EST L'EDUCATION NATIONALE OU UNE UNIVERSITÉ. Chaque intervenant doit être probant.
    Attention à vos conditionnements inclinant à croire que si l'intervenant est universitaire, il sait intervenir. Testez impérativement (habilement) le prestataire.
  • Pensez qu'un accompagnement purement oral ne répond pas à la culture de l'écrit imposée par la démarche de validation des acquis. L'esprit critique du candidat est mobilisé à chaque étape du parcours et aucun acteur de la VAE ne doit s'exonérer d'être probant. Nous constatons que certains candidats échouent à cause de l'accompagnement. Lisez cet article .

6. Se précipiter

Toute votre expérience n'est pas immédiatement disponible à la mémoire, à la conscience réfléchie. Reconstruire ses expériences professionnelles, puis les analyser est long.

La VAE est une culture écrite. Trouver les mots justes pour exprimer toute la richesse de vos acquis demande aussi du temps. Les mots sont des pièges et souvent le candidat choisit mal son lexique.

Expédier à la va-vite son travail de validation n'engendre que des frustrations et révèle vos défauts de compétences pour anticiper , pour organiser et évaluer .


A l'écrit comme à l'oral, proscrivez :

7. Les explications généralisantes rendant suspectes la véracité et le rigorisme des informations

Elles n'incarnent pas vos compétences. Au contraire, elles sont le signe que vous théorisez et reconstruisez faussement votre action.

L'expérience des candidats ne peut être que différenciée. Ne vous éloignez jamais de vos réalités et pratiques professionnelles vécues, présentes et passées. Ce n'est qu'à partir de ce vécu singulier, explicité par des exemples de cas concrets très significatifs, que vous pouvez généraliser, c'est-à-dire relier au diplôme (et problématiser ).

Le détail est souvent l'indice de la véracité de vos déclarations et du niveau réel de vos acquis. Cependant, restez pertinent ; le détail doit être parlant et ne perdez jamais de vue votre principal objectif : être en phase avec le référentiel diplôme. Détaillez tout en restant en cohérence avec les attendus.

Le plus difficile reste l'expression du niveau de la compétence. Savoir le manifester demande de la réflexion. En conséquence, recherchez et énoncez des indicateurs de complexité. Vous exprimerez votre conscience des interrelations entre les différents facteurs des situations.


8. La théorisation excessive

Un dossier de validation n'est pas à confondre avec un cours magistral. Nous le réaffirmons, ce n'est qu'à partir de la description adroite de votre vécu et des acquis issus de vos expériences que vous pouvez interpréter selon un cadre d’analyse théorique et problématiser.
Le candidat scénarise ses écrits.


9. Croire que le jury va vous deviner :
C'est faux.

Une compétence non exprimée reste souvent invisible ; mal exprimée, elle discrédite le candidat.

N'adoptez pas non plus une attitude répétant des schémas scolaires qui vous infantilisent : "le professeur sait...", "l'orientateur VAE sait...".

De même que l'expression : "j'imagine que..." est un danger.

Beaucoup de candidats tombent dans le piège de la présomption susceptible d'inhiber leur capacité à s'autoquestionner, leur sens critique et analytique .

Le non-dit se confond souvent avec de l'impensée, donc de l'incompétence.

Vous êtes un professionnel dans l'exercice de son métier tout au long du parcours. Vos capacités à conduire une réflexion cohérente en toute autonomie sont auditées. Plus le niveau de diplôme visé est élevé, plus vos allégations doivent être justifiées et plus il faut être pédagogue (faites comme si vous enseignez aux enseignants les liens entre vos contextes et le diplôme).


10. L'absence de logique et les biais cognitifs

Nous lisons des centaines de dossiers, dont la cohérence entre les diagnostics, les enjeux, les objectifs et les plans d'action est floue, voire inexistante. Dans le pire des cas, les liens logiques entre diplôme et expériences sont absents.

Il est fondamental pour la réussite d'expliciter au jury comment vous construisez le sens et comment vous contrôlez les dérives par rapport au sens, les distorsions cognitives.


11. Les stéréotypes, les platitudes, les réponses conventionnelles, les expressions galvaudées, les lieux communs

Ils dénotent la pauvreté des acquis et le manque de maturité de votre réflexion.


12. Les formulations désincarnées et le hors sujet

Chassez les euphémismes, la langue de bois, toutes les expressions "vides", ambigües, réductrices, n'élucidant rien.

Eliminez les expressions vagues basées sur les verbes trop implicites qui n'informent pas le jury : faire, gérer, penser, travailler... La langue française c'est le verbe . Choisissez le bon. Rédigez dans un style vivant, suscitant la représentation imagée de vos situations de travail. CHASSEZ L'IMPLICITE.

Employez le plus souvent possible le temps présent ou le passé simple.


13. Les écrits bavards et anecdotiques

Etre explicite ne veut pas dire être bavard ou se noyer dans des faits subalternes c'est-à-dire sans rapport avec le niveau et le contenu du diplôme visé. La VAE n'est pas non plus à confondre avec une biographie. Tout ce qui est hors diplôme est hors sujet.

La VAE privilégie l'écrit. Le candidat doit mobiliser son esprit de synthèse , exprimer beaucoup d'idées en peu de mots, adopter un style concis. Pour beaucoup c'est difficile.

Vous ne serez ni évalué sur le volume, ni sur des tâches sans lien avec le diplôme visé.


14. Les présupposés

Les expressions à prohiber:

"je pense que...", "je suppose que...", "il me semble que...", "on sait très bien que..."

L'a priori est l'un des plus grands pièges de la VAE. C'est un indicateur de défaut de compétence, une preuve de manque de réflexion. Le candidat doit repérer les éléments probants et savoir les exprimer.

Toutes les parties prenantes doivent en faire autant.


15. Les normalisations

"Mon activité a été faite avec méthode". Quelle méthode ?
"J'ai agi comme il convenait de le faire" C'est-à-dire ? Qu'est-ce que veut dire ne pas agir comme il convient de faire ? Que veut dire "faire" ?


16. Les affirmations sèches, péremptoires.

La VAE parle par démonstration et non par affirmation. Elle convainc plutôt qu'elle persuade. Illustrez systématiquement vos affirmations par des exemples empiriques et concluants. Le jury veut des exemples vécus probants, donc expliqués.


17. L'absence de références ou des références floues
"Les gens...", "Nous...", "On..."
Qui nous ? Qui on ?

La forme verbale et écrite de la VAE est le "JE". Le but de bien délimiter les compétences individuelles et les compétences collectives. Le candidat doit se rendre "visible".

Faites un effort de définition en cernant vos contributions personnelles si vos actions sont menées collectivement. C'est le seul moyen de montrer votre présence dans la réflexion et l'action.

Définir ses champs d'intervention est souvent difficile. L'accompagnement doit vous y aider.


18. Les superlatifs :

"C'est plus facile (ou difficile) que ..."
En quoi est-ce plus facile ?
"Ceci est important ..." En quoi ? Pour qui ?... Quels sont les déterminants ?


19. Les épithètes trop littéraires

Choisissez avec soin vos adjectifs. Ils doivent être signifiants. Contrôlez leur subjectivité.


20. Les facilités de langage
comme l'emploi du et caetera et les formules toutes faites

Soyez précis pour montrer l'étendue de vos connaissances.


21. Evitez les adverbes, sinon interrogez-les

"Normalement, voici ce qui ce passe...", que veut dire normalement ? Qu'est-ce qu'une situation anormale ? Comment savez-vous qu'elle est anormale ? Dès lors, les compétences émergent.

"Généralement, je ne rencontre pas de contrainte ", que voulez-vous dire par généralement ? En situation exceptionnelle qu'elles peuvent être les contraintes ? Donnez un exemple significatif, prétexte pour révéler vos acquis . Analysez-le.


22. Eluder une question de l'organisme valideur

Signe que vous n'approfondissez pas, que vous ne donnez pas de sens . Ce sont des indicateurs d'incompétence par rapport aux attendus du diplôme.


23. L'absence de savoir

« Je n’en suis pas sûr... », « je ne comprends pas... »,
« Ce n’est pas de ma responsabilité... » .
Comment saviez-vous que ce que vous faisiez n’était pas approprié ?
Comment saviez-vous que ce n’était pas de votre ressort ?
A partir de quel moment saviez-vous que vous ne saviez pas ?
Quand vous ne comprenez pas, que comprenez-vous quand même ?


24. Les fautes d’orthographe, de grammaire et de syntaxe

Une bonne maitrise de l'expression écrite et orale de la langue française est requise pour tous les diplômes.

Votre crédibilité est en jeu, surtout si le diplôme stipule une importante production écrite.

Plus le niveau de diplôme est élevé, plus vous devez employer un vocabulaire riche et approprié pour exprimer des compétences.


25. Un travail sans plan, sans lien logique rattachant chaque phrase et paragraphe

Le jury doit pouvoir suivre le cheminement de votre pensée, l'enchainement des processus et les liens avec le diplôme.


26. Un travail sans mise en page

Le jury n'aura que peu de temps à vous consacrer, facilitez-lui au maximum l'appropriation de votre dossier, soulignez les points essentiels, créez des repères et supports visuels, faites des liens très clairs vers vos annexes.


La rédaction d'un dossier de validation est un travail personnel

Utilisez votre vocabulaire, vos tournures de phrases. Ne vous discréditez pas. Evitez au maximum les copier/coller de publications diverses vers votre dossier de validation. Ils s'assimilent à des preuves de paresse, de plagiat et d'insuffisance pour les jurys. Ils sont sanctionnés. Lorsque vous ne pouvez pas les éviter, n'oubliez pas de citer vos sources.

ATTENTION :
Les écoles et universités ont des outils qui repèrent les copier/coller d'internet vers votre dossier (par exemple compilatio.net ).

VAE Guide Pratique alerte sur les dangers de vouloir imiter ou copier le dossier de validation d'un autre candidat .
Cette pratique n'a pas de sens, il n'existe pas de réponse-modèle.
Pour un même diplôme visé les expériences sont toutes singulières, car dépendantes de contextes dissemblables. Elles n'appartiennent qu'à la personne qui les a vécues. Votre dossier d'annexes probantes montrera la supercherie. En outre, le candidat peut être poursuivi pénalement. Art. 441-1 à 12 du Code Pénal - Atteinte à la confiance publique / Des faux .

C'est une démonstration d'incompréhension voire d'incapacité qui conduit à l'échec et portera atteinte au candidat sur le long terme. La probité fait compétence. Elle est facilement repérable à l'oral, car chaque parcours d'expérience est singulier et chaque Organisation a son contexte spécifique. Un dossier de validation est illustré de nombreux exemples vécus et par des annexes qui ne s'inventent pas. En cela il est probant.
Le candidat doit comprendre que l'un des soucis majeurs du jury sera de d'évaluer l’authenticité des écrits. Le moindre soupçon de plagiat dans l'esprit d'un jury influence sa décision finale.